Pourtant certains pontes du cinéma sont persuadés du contraire, et imposent un happy ending qui fout tout en l’air. Car pour q’il y ait VRAIMENT un happy ending, il faut détricoter toute la trame du film, et c’est compliqué. Alors comme c’est à la limite de l’impossible, on a recours à la grosse ficelle grotesque du mauvais rêve. Grrr !
Superbe, La femme au portrait (The Woman In The Window) de 1944 avec Edward G. Robinson et Joan Bennett. Le film dure 1h39’. A 1h35, patatras, notre héros, engoncé dans un fauteuil, est en train de mourir après la dose de poison qu’il vient de s’administrer. La sonnerie du téléphone – c’est la fameuse femme au portrait qui veut le joindre – ne le réveillera pas… par contre il sera réveillé par le barman : il s’est endormi dans son club après un bon whisky ! Tout ce qui s’est passé depuis l’instant 8 minutes et 28 secondes – c’est-à-dire quasiment l’intégralité du film ! – est un cauchemar.
L’excellent film de 1945 avec George Sanders, The Strange Case Of Uncle Harry. Un sujet très original, à ma connaissance jamais traité auparavant. Il faut revenir à la 55e minute pour voir le héros s’installer dans le fauteuil dans lequel on le retrouvera à la fin du film pour bien vouloir accepter que tout ce qui s’est passé entre 0h56’ et 1h18’ n’est qu’un cauchemar. Quelle idiotie ! Le comble est qu’après le mot FIN on a trouvé bon de rajouter « Si vous voulez que vos amis apprécient ce film, surtout ne leur racontez pas la fin ».
Heureusement, il y a de bonnes surprises, notamment avec A Woman's Face de 1941 avec Joan Crawford : il ne se sont pas obligés à inventer un "happy ending"... ni une fin triste : c'est le spectateur qui la choisira lui-même, l'héroïne se dirigeant vers la salle où va être rendu son jugement.
L 'une des pires "HAPPY ENDING" est celle de "Soudain l'été dernier" avec Elisabeth Taylor, Monty Clift et Katherine Hepburn. Au lieu de se terminer sur le visage d 'Hepburn remontant dans son ascenseur majestueux, emporté par la folie et le déni de la mort de son fils, une fin superbe pour un film très sombre, on a derrière à peine deux minutes d'un flirt idiot naissant entre Taylor et Clift, de la mièvrerie made in majors d'Hollywood !
LIENS VERS CES TROIS FILMS :
The Woman In The Window https://www.youtube.com/watch?v=EA7TtCxJzfM
A Woman's Face grosfi.ch/g9t2zg22Egz
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