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Tiré d’une pièce de théâtre, Le Bois Sacré en respecte les éléments et comme l'oeuvre ne manquait pas d’esprit, ses mots, continuant une longue carrière, passent l’écran comme ils passaient la rampe. Je ne connais pas la comédie, mais on a l’impression que Léon Mathot l’a rigoureusement respectée, Carlo Rim s’étant contenté de la « transposer » dans notre époque pour la forme cinématographique.

Lorsque l’on parle du Bois Sacré on pense immédiatement à L'Habit Vert et au Roi ; ce rapprochement n’est pas fortuit, il s’agit bien d’une série, qui s’est acquise un public fidèle et sûr. Même esprit de satire contre les travers de nos contemporains (du temps de paix) avides d’honneurs et de distinctions officielles, même équipe d’interprètes à quelques détails près. Dans un si précis programme, Léon Mathot s’est bien gardé d’apporter une inopportune personnalité, il l’a remplacée par une appréciable probité et l’on ne s’ennuie pas à travers les aventures de Mme Margerie, femme de lettres impétueuse qui se risque dans les pires complications pour obtenir la Légion d’Honneur ; elle lancera son mari dans les bras de la femme du directeur des Beaux-Arts et se livrera elle-même à diverses agaceries à l’égard dudit directeur.

Entre tous ces gens, batifole un maître de ballet fantasque et amoureux et un dadais « attaché aux Affaires Etrangères ».

C’est Elvire Popesco qui interprète Mme Margerie avec tout son dynamisme et son incompréhensible diction ; Victor Boucher, toujours aussi « pierrot triste » est son mari ; puisqu’on l’aime comme ça il aurait bien tort de chercher autre chose. André Lefaur dirige les Beaux-Arts et fait la cour aux dames avec une bouffonne autorité. Gaby Morlay, son épouse, pétille, gesticule et s’évanouit en tournant les yeux comme dans les anciennes comédies américaines. Dans le rôle du danseur, Dalio se livre à une fantaisie débridée, on peut l’aimer ou ne pas l’aimer, on doit reconnaître qu’il est notre plus complet acteur de composition, un des rares qui cherche le caractère propre de son personnage plutôt que de vouloir imposer au rôle son caractère à lui. Le Bois Sacré lui doit la scène la plus irrésistiblement drôle : l’explication muette avec Gaby Morlay, entièrement mimée, jusqu’au désopilant « suicide supposé ». Le dadais, c’est Armand Bernard et ça lui va bien. Il y a encore Temerson, il y a les danseuses en tuniques transparentes, autant d’atouts d’ordre divers mais non négligeables (La revue de l'écran n°326 du 5 avril 1940, extrait du livre Le cinéma sous la botte hitlérienne, cliquer ICI pour le feuilleter, bien,tôt diponible en livre luxueux, grand format et couverture cartonnée). Et maintenant, trois extraits à visionner sur youtube...

https://www.youtube.com/watch?v=x_pk-04uyTE

https://www.youtube.com/watch?v=94emGq_YWXU

https://www.youtube.com/watch?v=Jke45bitmv8

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